Vivendo com Livros

Um blog voltado especificamente para os livros, meus e de outros autores. Nele pretendo colocar materiais relativos a meus livros, resenhas de livros publicados, notas de leitura e informações gerais relativas ao mundo dos livros. Podem também figurar aqui reflexões pessoais sobre esses transparentes objetos de prazer intelectual.

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PAULO ROBERTO DE ALMEIDA

Doutor em Ciências Sociais (Universidade de Bruxelas, 1984), mestre em Planejamento Econômico (Universidade de Antuérpia, 1977), diplomata de carreira desde 1977. Trabalhou no Núcleo de Assuntos Estratégicos da PR (2003-2007). Professor no mestrado em Direito do Uniceub e professor-orientador no mestrado em diplomacia do Instituto Rio Branco. Ministro-conselheiro na Embaixada em Washington (1999-2003), chefe da Divisão de Política Financeira e de Desenvolvimento do MRE (1996-1999), conselheiro econômico em Paris (1993-1995) e representante alterno na Delegação junto à ALADI (1990-1992). Seleção de livros: O estudo das relações internacionais do Brasil (2006); Formação da diplomacia econômica no Brasil (2005); Relações internacionais e política externa do Brasil (2004); Os primeiros anos do século XXI: o Brasil e as relações internacionais contemporâneas (2002); O Brasil e o multilateralismo econômico (1999). E-mail: pralmeida@mac.com; Website: www.pralmeida.org.

quinta-feira, junho 21, 2007

19) Reescrevendo o passado soviéetico: novos livros de história

Parece que é difícil a vida de quem pretende escrever livros de história na nova Rússia. Depois da abertura dos anos 1990, uma regressão pode ser detectada no país. Abaixo, transcrevo matéria do jornal francês Le Figaro:

Ces manuels d'histoire contemporaine qui n'arrêtent pas de changer
De notre envoyée spéciale à Moscou
Laure Mandeville
Le Figaro, le 02 août 2007

Le président Poutine veut de nouveaux livres d'enseignement « qui rendent les jeunes fiers de leur pays ».

DES MANUELS scolaires, Igor Doloutski en a écrit sept en douze ans. Sept rééditions d'un premier jet sorti en 1989, dans l'euphorie de la révolution démocratique russe. À l'époque, ce professeur d'histoire de collège à l'allure d'éternel adolescent, croyait dur comme fer à l'avènement de la démocratie russe et à la vérité historique. Né en 1954 à Port-Arthur d'un père militaire soviétique, il s'était fait remarquer dès le début des années 1970 par son esprit rebelle, en lançant un journal étudiant, Mamlet, qui dénonçait « ce qu'il y avait de pourri au royaume des mammouths ».

En pleine stagnation brejnévienne, l'université Lomonossov avait expulsé ce « mauvais esprit ». C'est donc avec grand espoir que le rebelle Doloutski avait accueilli la perestroïka dans les années 1980. Jetant aux orties l'histoire marxiste-léniniste, il s'était lancé dans l'aventure de l'écriture d'une nouvelle Histoire russe.

Le résultat était étonnant d'engagement impertinent et de pédagogie novatrice. Igor Doloutski y racontait l'occupation « moyenâgeuse des pays Baltes ». « Comprends-tu mieux à présent le sentiment des Lettons, des Estoniens, des Lituaniens et des Polonais vis-à-vis des Russes ? », pouvait-on y lire, dans un paragraphe réservé à la réflexion autonome des élèves. Dans la version du manuel parue en 1998, il ajouta un chapitre sur la première guerre de Tchétchénie, « une honte pour la Russie ».

Recommandation ministérielle

Jusqu'en 2003 curieusement, personne ne vint lui chercher noise, malgré l'arrivée aux affaires de Vladimir Poutine et le déclenchement d'une nouvelle guerre russo-tchétchène. Mais un beau jour, une commission du ministère de l'Éducation mit le nez dans le manuel version 2001 et y découvrit avec horreur deux citations du politicien libéral Grigori Iavlinski, qui soulignait que la Russie risquait d'évoluer vers un « régime autoritaire ». « Penses-tu que Iavlinski a eu raison de penser cela ? », interrogeait le manuel iconoclaste. Un mois plus tard, le livre de Doloutski perdait la recommandation que le ministère accorde chaque année à une dizaine de manuels scolaires.

« Notre État ne peut pas écrire l'histoire de ses crimes »

Puis en 2004, le ministère remarqua le chapitre consacré à l'occupation balte et annonça l'interdiction du manuel. « Je l'utilise toujours dans mes cours, comme 10 % du corps enseignant, tandis que 8 % continuent d'utiliser des manuels soviétiques », affirme Doloutski en souriant. Le reste des professeurs a basculé sur les manuels mis en circulation sous Poutine, qui mentionnent les crimes du communisme, mais de manière quelque peu édulcorée. « On en revient à une histoire dominée par l'État. Comme notre État fonctionne hors du cadre du droit, il ne peut pas écrire l'histoire de ses crimes. Alors il les occulte en parlant de victoires », regrette Doloutski.

Rencontrant récemment des spécialistes de sciences humaines, Vladimir Poutine a cloué au pilori « tous ces manuels écrits par des historiens avec des bourses étrangères », accusant leurs auteurs « d'avoir dansé au son de la polka » de sponsors occidentaux. « Nous avons besoin de nouveaux manuels, qui rendent les jeunes fiers de leur pays », a dit le président. Leonid Poliakov, ancien professeur de marxisme-léninisme choisi pour écrire un nouveau manuel, a promis d'oeuvrer à « l'éducation national-patriotique » des élèves.

Dans son collège de banlieue, Igor Doloutski continue de développer l'esprit critique de ses élèves. Mais il est pessimiste. Il y a quelques jours, la forte en thème de la classe a présenté un exposé sur la politique étrangère de Poutine. Reprenant ce que « martèle la télévision chaque jour, elle a expliqué que la Russie était entourée d'ennemis, s'inquiète le professeur. Je lui ai demandé des exemples. Elle n'en a pas trouvé. Mais que se passera-t-il quand plus personne ne la contredira ? »

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